16/09/2010

Pauvres "mauvaises" herbes ...

Elles sont là, tout autour de nous, tolérées partout SAUF dans nos jardins et dans nos pots, d'où on les arrache sans pitié. Mais connaissez vous ces "mauvaises herbes" pleines de qualités qui agrémentent savoureusement potages et salades, combattent pucerons et cochenilles, nourrissent le sol et leurs congénères ? Non ?? Alors laissez moi vous en présenter quelques unes. Vos idées,  vos remarques et vos recettes sont évidemment les bienvenues !!

Les mauvaises herbes même sont de celles que l'on pourrait rendre bonnes en en usant congrûment.  Guillaume Apollinaire

 Qu'est-ce donc qu'une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n'a pas encore découvert les vertusEmerson Ralph Waldo

Si vous l'arrosez et que ça meurt, c'est une plante. Si vous l'arrachez et que ça repousse, c'est une mauvaise herbe.  - Gallagher

Le mouron des oiseaux de la note

Le mouron des oiseaux

Mouron.jpgDéjà rien qu'en étant là, dans le pot, entre les pétunias et les salades, il vous indique que votre sol est équilibré, riche  et sain. On peut l'utiliser en cataplasme sur la couperose et les petites veinulles superficielles. En homéopathie, l'essence de la plante fraîche est recommandée pour soigner les rhumatismes et les affections articulaires, ainsi que le psoriasis. En usage externe, on frictionne les membres lors de douleurs rhumatismales. (http://www.catoire-fantasque.be/Jardin/mouron-blanc.html). Et puis ses feuilles ajoutées à vos salades leur donnent une petite saveur noisette. Alors au lieu de vous énerver, réjouissez vous et profitez de cette "manne" tombée du ciel ...

 

 

L’alliaire (Alliaria petiolata)

alliaire.jpgComme son nom l’indique, cette plante dégage une odeur d’ail lorsqu’on froisse ses feuilles. Celles-ci peuvent d’ailleurs être utilisées comme telles dans les salades. C’est une plante des forêts de feuillus, mais qui apprécie aussi les fourrés et les haies, les murs et les ornières, les terrains en friche et les jardins. Elle demande un sol frais, calcaire ou saturé.

Elle a des propriétés antiseptiques, vermifuges, diurétiques.

On utilise les feuilles d’avril à juin, en salade, avec du fromage blanc, comme épice pour assaisonner les vinaigrettes. Les fleurs ont un gout plus intense et servent à décorer les sorbets salés ou les salades.

Enfin, l’alliaire est une plante hôte pour le papillon Aurore (Anthocharis cardamines) qui en est très friand.

 

Véronique de Perse

Veronica persica s8.jpgElle nous a été rapportée du Caucase vers 1805 et plantée dans les jardins botaniques d’où elle s’est évadée. Depuis, elle vagabonde et est devenue sans doute la véronique la plus répandue.  Elle aime surtout les sols argileux (dont elle est un bon indicateur), à condition toutefois qu’ils soient ou aient été cultivés (champs cultivés, vignobles, bords de chemins) et les situations chaudes et ensoleillées.

Ses feuilles sont comestibles en salade presque toute l’année et ses fleurs d’avril à octobre.

 

Le gaillet grateron (Gallium aparine)

Gaillet grateron.jpgQui ne s’est pas déjà amusé avec cette plante qui « colle » à tout ce qu’elle touche ? Elle envahit nos plates bandes, escaladant grâce à ses aiguillons, les plantes voisines.

En compresse, elle soigne les irritations de la peau. Son jus permettrait de juguler les morsures de vipère et de certaines araignées. En application locale, elle stoppe les hémorragies.

Comme elle fait partie de la famille du vrai café, on peut récolter ses graines (bon amusement !) pour les torréfier….

Recette : cueillir plusieurs poignées de graines au moment où elles deviennent brunes. Les faire rôtir sur une plaque à biscuits dans le four (120° à 150°) jusqu’à ce qu’elles soient dures et croustillantes. Les moudre. Et faire une bonne « jatte » de café !

Ses feuilles se mangent en soupe ou comme légumes. Rassurez-vous, les petits poils disparaissent avec la cuisson.

Soupe au gaillet : (pour 4 personnes)
1 L / 4 tasses d’eau
5 ml / 1 c. à thé de sel
1 kg d’épaule d’agneau, coupée en morceaux
30 ml / 2 c. à soupe de beurre
500 ml / 2 tasses de brins de gaillet, lavés
15 ml / 1 c. à soupe de farine d’avoine

Dans une casserole, versez l’eau, le sel et l’agneau.
Amenez à ébullition, réduisez le feu et faites mijoter environ une heure.
Coulez le bouillon et retirez les os et le gras.
Remettez la viande dégraissée et le bouillon dans la casserole et réservez.
Entretemps, faites fondre le beurre dans une poêle et ajoutez-y le gaillet.
Faites revenir doucement pendant quelques minutes.
Ajoutez la farine d’avoine à la viande et au bouillon, brassez bien, puis ajoutez le gaillet. Faites mijoter pendant une heure de plus.

Servir chaud.

(http://liafaydjam.blogspot.com/2007/01/galium-aparine-cai...)

 


Le bouton d'or

250px-Illustration_Ranunculus_acris0_clean.jpgSon nom dérive de « rana » petite grenouille, car certaines espèces poussent dans les milieux humides, royaume des grenouilles et autres rainettes. C’est une vénéneuse, quelques grammes peuvent apparemment provoquer la mort ! Pour vous donner une idée de la toxicité de cette charmante petite fleur dorée, son ingestion cause une inflammation de la bouche, des douleurs abdominales, suivies par une ulcération de la bouche et des dommages dans le système digestif. Puis vient la diarrhée et le sang dans les urines. Les convulsions précèdent la mort (ce qui me semble logique, le contraire eut été étonnant !). Il semblerait qu’un homme à Bevay en France s’est fait un verre de jus de bouton d’or (ahh ces Français Incertain), eh bien il est mort le lendemain.  Ne vous amusez donc pas à la gouter, prenez plutôt un bon verre de vin à la place.

Elle affectionne les sols lourds, argileux, riches en azote, les milieux humides. Ce sera sa seule contribution: vous donner une idée de la nature de votre sol ...

 

L'oseille sauvage

oseille.jpg

Vous en avez dans votre jardin ? Alors non seulement vous savez sans doute déjà qu’elles sont trrrèèèès difficiles à déloger mais maintenant vous saurez aussi que vous avez une terre à tendance acide et riche. Elle aime s’implanter autour des cabanes de bergers, là où il y a du fumier en abondance.

Oseille vient de « oxalis » du grec « oxus » qui signifie « acide ». La plante est effectivement riche en acide oxalique (comme la rhubarbe et les épinards d’ailleurs), qui a un effet irritant sur le système rénal si consommé en trop grandes quantités, ce qui n’est jamais le cas. Elle est également riche en vitamines (championne pour la vitamine C avec 125 mg au 100 grs, mais elle est aussi riche en vitamine A, E …), en sels minéraux et en oméga 3 (acide linolénique)...

On peut la consommer en soupe, comme légume.

Pour s’en débarasser, on peut soit enlever chaque plante en veillant à bien retirer toute la racine au risque de la voir venir vous narguer encore, ou alors apporter un amendement calcaire (qu’elle déteste en bonne acidophile) sur le sol : chaux, dolomie, craie…